Spectacle

C'est mon
histoire

Synopsis

Le public est invité à une soirée théâtre-débat sur le thème des précarités sociales. Un échange avec trois personnes témoins est annoncé. Ces trois témoins sont Brigitte, une femme de cinquante-deux ans qui bénéficie du RSA, Corinne, une jeune femme seule avec deux enfants qui vient de trouver quelques heures de ménage et Pierrot, soixante dix-huit ans qui vit chez lui avec sa femme qui souffre de problèmes de santé. Ainsi, c’est ce débat lui-même qui constitue la pièce.

En détail

Les trois personnages, joués par trois comédiens professionnels, de manière la plus réaliste possible, racontent leurs existences, les périodes de bonheur, les accidents de la vie survenus, leurs vies actuelles avec ses difficultés de chaque jour. Ils s’adressent au public avec des micros, ils échangent aussi entre eux. Le public les accompagne dans ce vrai-faux débat qui dévoile leurs sentiments, ceux que l’on ressent lorsque l’on est en situation de précarité, l’importance du regard de l’autre, la gène d’être aidé pour se nourrir ou acheter des vêtements, les dossiers administratifs à remplir…

Débat

Au terme de cette représentation, un vrai débat peut être proposé sur un thème lié à la précarité. Il est organisé en lien avec les structures, organismes, associations, organisatrices de la soirée.

Réalisation et distribution

Ecriture et mise en scène : Loïc Choneau
Comédiens : Chantal Kerneïs, Olivier Clénet, Hélène Biard

L'info en plus

Comme toutes les autres créations de Quidam-théâtre « C’est mon histoire » est construite à partir de la parole de personnes concernées par le sujet. Le texte est écrit par Loïc Choneau, auteur et metteur en scène de la compagnie, suite à des rencontres avec trois usagers du Centre départemental d’Action Sociale (CDAS). Le point de départ est de mettre en scène trois histoires de vie, de manière la plus juste possible. Leurs propos sensibles dévoilent leurs souhaits, leurs joies et leurs peines, leurs espoirs, leurs sentiments d’injustice, leurs combats au quotidien… Ces trois parcours de vie singuliers mettent en lumière le caractère universel de la précarité sociale.

Extrait

Pierrot : Moi, je n’ai pas bien compris ce terme, précaire… je suis précaire parce-que je suis vieux, parce qu’une personne vient nous aider, ma femme et moi, à la maison chaque jour, un vrai rayon de soleil cette femme là, toujours à blaguer, parce que je fais tout plus lentement, que j’ai les articulations engourdies, l’arthrose, que le cerveau de ma femme diminue et qu’elle s’éloigne doucement… Dès fois, je l’avoue, je suis agacé : je m’agace de tout ce corps : ces jambes qui ne veulent plus marcher, ces bras qui ne veulent plus porter, ces mains qui ne veulent plus saisir… On devrait pouvoir changer de corps quand le sien est usé.
Brigitte : Pour ma part, je me suis sentie précaire le jour où l’on m’a dit que j’avais droit aux Restos du cœur, « pour me permettre de joindre les deux bouts ! ». Le jour de l’inscription j’ai regardé les autres, comment ils étaient, de quelle maladie ils souffraient comme moi. Je n’ai pas échangé un mot, une signature… je n’ai pas trainé, un légume par si, des yaourts par là, et basta, dehors.
Corinne : C’est vrai que quand tu as de tous petits moyens, c’est loin d’être la vie rêvée, ce n’est sûrement pas les palaces, ce n’est plus la coiffeuse, ni les petites sorties. Et si tu as deux enfants, comme moi, tu te prives pour manger, tu manges seulement les restes de tes enfants. Ils ne doivent manquer de rien, c’est ton bien le plus précieux. C’est glauque tout ça n’est-ce pas ! Je m’en suis sortie de cette période, enfin, un peu. Mais c’est là que je me suis sentie précaire, dans le fait de ne pas être à la hauteur… Pierrot : … de ne pas t’assumer dans ta vie.

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